LE SAVIEZ-VOUS#79: Quel est le critère de discrimination dans l’emploi le plus cité par les actifs qui en sont victimes ?

Selon le dernier baromètre du Défenseur des Droits (2020), 23% de la population active déclare avoir été victime de discrimination ou de harcèlement discriminatoire dans l’emploi et l’apparence physique qui figure parmi les 25 critères de discrimination est le premier critère cité de discrimination.

A la croisée de plusieurs thématiques de la diversité comme le handicap, le genre, le fait religieux ou l’origine sociale, les discriminations basées sur l’apparence physique (apparence corporelle, manière de s’habiller ou de s’exprimer) ont un impact durable sur la vie professionnelle, que ce soit au moment du recrutement et tout au long de la carrière.  

Les standards de beauté ont évolué avec le temps et selon les époques, et déterminent fortement nos trajectoires personnelles et professionnelles. Ainsi, on attribuerait arbitrairement des caractéristiques positives comme l’altruisme, l’intelligence ou la mesure à des personnes considérées comme belle, et vice-versa. 

La France fait figure d’exception (avec la Belgique) en reconnaissant l’apparence physique comme un motif de discrimination (depuis 2001). 

Longtemps passées sous silence et encore souvent absentes des enquêtes publiques et des recherches, l’apparence physique est une variable clef des destinées professionnelles.

Aux yeux de nombreux salariés, la beauté est importante voire très importante pour être embauché à un poste en contact avec la clientèle (43% l’ont déclaré dans un sondage Sofres-Medef en 2018). Même lorsqu’il s’agit de postes sans contact direct avec les clients, 40% des recruteurs jugent décisive la beauté des candidats. 

Les femmes sont davantage victimes de discrimination physique, jugées sur “leur plastique, leurs vêtements, leur maquillage, leurs bijoux ou la taille de leurs talons”.

Sur la rémunération, on a pu constater entre 17% et 22% d’écart de salaires entre les personnes considérées comme belles et celles considérées comme laides. On parle de “prime beauté” et de “pénalité laideur”.

Pour compléter et selon certaines sources compilées par le site HelloWork Place, l’apparence physique a des répercussions financières importantes. Ainsi, les blondes gagneraient 7 % de plus que les autres femmes, les hommes moustachus 8,2 % de plus que ceux rasé de près, et les personnes de plus de 1,80 gagneraient jusqu’à 600 euros de plus par an. 

L’apparence physique exerce des effets d’autant plus importants que la société française s’est toujours attachée au paraître. Nos recrutements se font avec des CV assortis de photos (surtout pour les cadres), ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays comme les États-Unis, le Canada, l’Australie ou la Grande-Bretagne. Les employeurs français se montrent également très attachés à l’âge des candidats et bien d’autres informations.

Plus préoccupant, des algorithmes permettent désormais, notamment à partir de vidéos enregistrées par les candidats, des analyses faciales automatisées: les gestes, les formes de visage, les expressions sont exploitées pour en déduire l’intelligence, ou la résistance au stress par exemple. Ainsi, on remplace peu à peu le CV classique par un CV vidéo, et l’entretien en face-à-face par des films enregistrés. Il est évident que ces pratiques renforcent, s’il en était besoin, le poids des apparences physiques dans le recrutement.

Vous souhaitez tout savoir de cette thématique, de son cadre légal et échanger autour des bonnes pratiques pour limiter les discriminations liées à l’apparence physique au travail ?

Rejoignez-nous le 12 mai, de 9h à 10H30 !

Evénement en ligne réservé aux membres LepC :

https://www.eventbrite.fr/e/billets-webinaire-apparence-physique-en-entreprise-265183469897?utm_campaign=post_publish&utm_medium=email&utm_source=eventbrite&utm_content=shortLinkNewEmail

Qu’est-ce que l’apparence physique : https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/depliant-app-phy-web.pdf

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