LE SAVIEZ-VOUS ?

Quel serait le montant des coûts que la collectivité pourrait éviter chaque année si la France alignait ses taux d’emploi des jeunes et des seniors sur la moyenne européenne ?

100 milliards d’euros par an : c’est, selon une étude publiée le 29 janvier par Impact France et le cabinet Wavestone, le montant des coûts que la collectivité pourrait éviter si la France alignait ses taux d’emploi des jeunes et des seniors sur la moyenne européenne.

La France continue d’afficher un retard structurel sur l’emploi des seniors, tandis que le chômage des jeunes reste durablement plus élevé que chez ses voisins européens. Additionnés, ces deux écarts représenteraient près de 100 milliards d’euros par an en allocations, dépenses sociales, pertes de recettes fiscales et manque à gagner économique. Le chiffre rappelle une réalité brute : le non-emploi coûte infiniment plus cher que l’emploi.

Selon l’étude, l’engagement social et environnemental des entreprises constitue ainsi un levier économique majeur, capable de générer des économies massives pour la collectivité, bien au-delà des seuls bénéfices pour les entreprises elles-mêmes.

Car c’est bien là l’un des angles morts du raisonnement économique français : ce que coûtent les inactions. Ou, à l’inverse, ce que rapportent les engagements volontaires des entreprises lorsqu’ils contribuent à réduire le chômage, les émissions de carbone ou la pression sur les ressources naturelles.

L’originalité de l’étude tient à son angle d’attaque : traduire les impacts sociaux et environnementaux en « coûts évités » pour la société. Autrement dit, ce que l’État, les territoires ou la collectivité n’ont pas à financer lorsque les entreprises agissent volontairement sur l’emploi, l’inclusion, le climat ou l’eau. L’analyse s’appuie sur sept études de cas menées dans différents secteurs.

La Poste, par exemple, emploie aujourd’hui environ 15 000 jeunes et 46 000 seniors en équivalent temps plein. Selon l’étude, cette politique permettrait à elle seule d’éviter près de 1,9 milliard d’euros de coûts pour la collectivité en une seule année, via la baisse des prestations sociales et l’augmentation de la contribution économique de ces salariés. À l’échelle d’une entreprise, le chiffre est déjà considérable. Rapporté à l’ensemble du tissu économique, il cesse d’être marginal.

Même démonstration du côté de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Atteindre simplement le seuil légal de 6 % d’emploi, aujourd’hui encore loin d’être respecté dans de nombreux secteurs, permettrait d’éviter environ 2,4 milliards d’euros de dépenses publiques par an. Là encore, les entreprises apparaissent comme des acteurs clés de la soutenabilité des finances publiques, bien au-delà de leur rôle traditionnel de contributeur fiscal.

Sur le front climatique, l’étude retient un coût social du carbone de 180 euros par tonne de CO₂. Une référence qui rappelle qu’une tonne non émise aujourd’hui correspond à des dommages sanitaires, économiques et environnementaux évités demain. Traduit à l’échelle nationale, chaque million de tonnes de CO₂ évitées représente environ 180 millions d’euros de coûts futurs évités. Autrement dit, la décarbonation n’est pas seulement une contrainte réglementaire ou un enjeu de réputation : c’est une stratégie de réduction des risques économiques de long terme.

Là encore, les exemples concrets parlent d’eux-mêmes. En Mayenne, l’installation d’une chaufferie biomasse sur un site industriel du groupe Bel permet déjà 1,7 million d’euros de coûts évités dès 2024, en substituant le gaz par une énergie renouvelable locale. Si l’ensemble de l’industrie agroalimentaire française suivait cette trajectoire pour atteindre les objectifs nationaux de chaleur renouvelable, le gain atteindrait plus de 50 millions d’euros par an.

Même raisonnement pour la ressource en eau, souvent absente des arbitrages économiques. À l’échelle d’un territoire, une réduction collective de 20 % des prélèvements permettrait d’éviter plusieurs dizaines de millions d’euros de coûts liés aux pénuries, en limitant les tensions sur l’agriculture, l’industrie et l’accès à l’eau potable. Là encore, l’engagement des entreprises apparaît comme un levier de résilience territoriale, plus que comme un simple effort environnemental.

La conclusion de l’étude est sans équivoque : généralisés, les engagements sociaux et environnementaux des entreprises représentent un potentiel de valeur de plusieurs dizaines, voire de centaines de milliards d’euros pour la société.



Source : Etude ” Valoriser économiquement l’engagement des entreprises” – Impact France & Wavestone – Janvier 2026

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