LE SAVIEZ-VOUS ?
Quel est le pourcentage d’entreprises concernées par le fait religieux ?
71,3 % des entreprises sont concernées par le fait religieux d’après le dernier baromètre 2024 de l’institut Montaigne. La religion n’est plus un sujet marginal, mais un phénomène installé et de plus en plus visible dans les organisations. Les entreprises concernées par le fait religieux n’étaient que 66,7 % en 2022 soit une progression nette.
Le fait religieux se manifeste de multiples façons dans les entreprises : port de signes religieux, demandes d’aménagement des horaires, prières, refus de tâches ou tensions dans les équipes.
Premier constat : les signes religieux (vêtements, bijoux et objets) sont en forte expansion : +13 points en deux ans.
Les faits religieux, les plus régulièrement rencontrés, sont les signes religieux visibles au travail, cités par 34 % des managers (contre 21 % en 2022).
44 % des salariés pratiquants disent en porter au travail, un chiffre qui a significativement progressé depuis 2022.
Les demandes d’absence et d’aménagement du temps de travail sont fréquentes et sont repérées par 27 % des répondants, autant qu’en 2022.
Une dimension musulmane majoritaire
81 % des situations impliquent la religion musulmane (73 % en 2022), contre 19 % pour le catholicisme, 16 % pour les cultes évangéliques, 15 % pour le judaïsme.
Les situations impliquant des salariés musulmans couvrent un large spectre : port de signes religieux, demandes d’horaires adaptés ou prières pendant les pauses. Le baromètre relève aussi, dans une proportion minoritaire mais significative, des comportements transgressifs tels que le refus de certaines tâches ou des difficultés à travailler avec des femmes.
Les jeunes salariés se distinguent nettement
Près de 80 % des faits religieux recensés concernent des salariés de moins de 40 ans, avec une concentration forte entre 26 et 35 ans (48 % à eux seuls).
Les comportements transgressifs (refus de tâches, tensions autour des relations entre hommes et femmes…) diminuent drastiquement après 35 ans.
Un phénomène de plus en plus féminin
Si les situations impliquant des hommes restent plus nombreuses (28 %), celles impliquant exclusivement des femmes progressent fortement : 24 % en 2024, contre 17 % en 2022.
Les faits transgressifs, eux, restent massivement masculins.
Des catégories socioprofessionnelles inégalement concernées
Le fait religieux est nettement plus présent parmi les employés (40 %), et les ouvriers (35 %).
Plus les qualifications augmentent, plus le phénomène décroît.
Tensions, stigmatisation et discriminations en forte hausse.
La stigmatisation observée par les managers concerne toutes les religions, mais la stigmatisation à l’égard des salariés juifs connaît la plus forte progression et devient la plus fréquente dans les situations repérées :
15 % de stigmatisation fréquente (contre 2 % en 2022)
23 % de stigmatisation occasionnelle (contre 13 % en 2022)
Sur le terrain des discriminations structurelles (recrutement, promotion…), les salariés musulmans restent les plus exposés : 71 % des discriminations à l’embauche repérées concernent des personnes musulmanes.
Les faits religieux n’ont pas toujours des impacts sur le travail et/ou les relations professionnelles (entre collègues ou avec le management). En 2024 (comme en 2022) 54 % des situations marquées par le fait religieux ont nécessité une intervention managériale. Cette intervention peut s’inscrire dans le cadre de la résolution d’un conflit ou de la prise en charge disciplinaire d’un comportement discriminatoire, mais peut tout aussi bien être une simple réponse à une demande d’aménagement du planning.
Les entreprises de plus de 500 salariés concentrent 65 % des situations observées, notamment dans les secteurs suivants : transport, logistique, nettoyage, surveillance, maintenance industrielle.
L’impact sur les trajectoires professionnelles est loin d’être marginal : 41 % des salariés qui se sentent discriminés ou stigmatisés déclarent avoir envisagé de quitter leur entreprise pour un environnement plus favorable à leur pratique religieuse.
Les managers de proximité sont en première ligne, souvent sans outils, sans formation. Le baromètre recommande une politique plus explicite d’inclusion, de neutralité et de gestion des pratiques religieuses.
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