L’étude montre clairement que certaines attentes renforcent les discriminations au détriment des candidates.
C’est notamment le cas lorsque les offres valorisent :
- le leadership individuel (leader, esprit d’initiative, capacité de décision),
- l’engagement (motivation, passion, sens du commerce),
- la réactivité et la capacité de travail,
- dans une moindre mesure, les compétences analytiques.
Lorsque ces compétences, traditionnellement associées aux stéréotypes masculins, sont mentionnées, les candidatures féminines ont moins de chances d’être rappelées.
Le leadership individuel ressort comme le facteur le plus discriminant : sa présence est systématiquement défavorable aux femmes, tous métiers confondus.
Un résultat paradoxal, à l’heure où les entreprises multiplient les discours sur la diversité et l’égalité professionnelle.
À l’inverse, certaines compétences jouent, en faveur des candidatures féminines. C’est le cas lorsque les recruteurs valorisent : la disponibilité, le sens du service, la communication, ou l’aptitude à travailler en équipe.
Dans ces configurations, les femmes sont plus souvent rappelées que les hommes, sachant que ces compétences sont essentiellement mises en avant dans les métiers peu qualifiés ou féminisés. Ces compétences, associées au collectif et à la relation, restent largement perçues comme des « qualités féminines ».
L’étude met toutefois en lumière une nuance importante.
Lorsque les recruteurs accordent de l’importance aux compétences analytiques, ou au travail en équipe, les différences de traitement entre femmes et hommes diminuent fortement, voire disparaissent. Ces compétences semblent agir comme des facteurs de neutralisation des stéréotypes.
Autre enseignement clé : les effets des soft skills ne sont pas uniformes.
Les résultats montrent que les discriminations liées aux « savoir être » sont plus marquées :
- dans les métiers peu qualifiés : certaines compétences comportementales accentuent fortement les discriminations et écarts de traitement.
- Dans les métiers très masculinisés ou féminisés où les attentes genrées pèsent davantage.
A l’inverse, dans les métiers qualifiés, ces effets s’atténuent, voire s’inversent.