LE SAVIEZ-VOUS ?

Quel pourcentage de salariés et salariées en France déclarent ressentir souvent ou toujours la fierté du travail bien fait ?

82 % des salariés ressentent souvent ou toujours la fierté du travail bien fait.

C’est l’un des résultats de la dernière enquête de la Dares sur les conditions de travail et les risques psychosociaux et publiée en septembre. Cette proportion a progressé de 10 points entre 2016 et 2024. L’étude dessine, plus largement, une évolution favorable de plusieurs dimensions du travail, même si ces progrès varient fortement selon les métiers.

Premier gros changement : l’intensité du travail recule pour la première fois depuis qu’elle est mesurée, après plusieurs décennies de hausse.  

En effet, la part des salariés dont le rythme de travail est soumis à plusieurs contraintes est passée de 43 % en 2016 à 38 % en 2024. Ces contraintes peuvent venir de demandes auxquelles il faut répondre immédiatement, d’objectifs à atteindre dans un temps donné ou de la cadence imposée par l’organisation du travail.

La pression temporelle diminue elle aussi. La part des salariés déclarant devoir toujours ou souvent se dépêcher passe de 45 % à 41 %. Chez les cadres, qui restent particulièrement concernés, 39 % disent travailler souvent ou toujours sous pression, soit 4 points de moins qu’en 2016. Pour autant, leurs journées demeurent fréquemment fragmentées : 72 % déclarent devoir abandonner régulièrement une tâche pour une autre non prévue.

Les relations de travail présentent également des signes d’amélioration. 21 % des salariés font état de relations dégradées avec leur hiérarchie, soit 5 points de moins qu’en 2016. La part de ceux qui déclarent des tensions avec leurs collègues recule de 5 points, à 18 %. Le sentiment d’isolement au travail baisse lui aussi. En parallèle, les possibilités d’apprendre et de développer ses compétences progressent : 30 % des salariés signalent un manque sur ce plan, contre 37 % huit ans auparavant.

Ces résultats rejoignent le sentiment plus largement exprimé de pouvoir faire un travail utile. La part des salariés qui n’ont que parfois ou jamais le sentiment d’être utiles aux autres est passée de 28 % à 22 %. Fierté, utilité, relations professionnelles : l’enquête rappelle que la qualité du travail vécu ne dépend pas uniquement de la charge ou du rythme, mais aussi des moyens d’agir et du sens que chacun trouve dans son activité.

Ces progrès ne lèvent pas toutes les difficultés. Un salarié sur quatre estime ne pas disposer d’assez de temps pour effectuer correctement son travail, tandis qu’un sur trois juge les effectifs insuffisants. La fierté du travail bien fait peut ainsi coexister avec le sentiment de ne pas avoir tous les moyens nécessaires pour le réaliser.

Les relations avec la hiérarchie et les collègues s’améliorent, mais les comportements hostiles progressent. En 2024, 31 % des salariés déclarent avoir été confrontés à au moins une des situations recensées par la Dares, soit 2 points de plus qu’en 2016. Les employés peu qualifiés sont particulièrement touchés (+8 points). Les blagues blessantes (+3 points) et les propos obscènes (+2 points) sont en hausse. Les femmes, plus ciblées que les hommes, voient l’écart se creuser (de 3 points en 2016 à 5 en 2024). L’amélioration des relations de travail, prise dans son ensemble, ne doit donc pas faire oublier ces expériences individuelles.

Les évolutions diffèrent aussi selon les métiers. Alors que l’intensité du travail diminue globalement, les employés peu qualifiés sont plus nombreux qu’en 2016 à déclarer devoir souvent se dépêcher (+3 points) ou faire face à une quantité de travail excessive (+4 points). Leur autonomie dans l’organisation du travail recule également, notamment leur possibilité d’agir sur la quantité de travail demandée.

Malgré un bilan globalement positif, 41 % des salariés ne se sentent pas capables de travailler jusqu’à la retraite, contre 38 % en 2016. Cette hausse est de 6 points pour les employés peu qualifiés, les plus touchés.

Pour les managers et les RH, ces résultats invitent à regarder ce qui se passe concrètement dans chaque équipe : le temps et les moyens disponibles pour bien travailler, les marges de manœuvre laissées aux salariés et la qualité des relations au quotidien. Les progrès observés à l’échelle de l’ensemble des salariés ne se traduisent pas partout par la même expérience du travail. 

Source : Quelles évolutions des conditions de travail et des risques psychosociaux depuis 2016 ? 9 septembre 2026 – Dares Analyses N° 37

À la une

Intersectionnalité : et si on dépassait les idées reçues ? Pour y voir plus clair, et afin de comprendre les enjeux de l’intersectionnalité en entreprise, nous avons co-construit un guide pratique, fruit d’une réflexion entre des entreprises membres de notre réseau. À lire et à faire lire !

[PUBLICATION]
Découvrez notre rapport d’activité 2024.

[PUBLICATION]
Intersectionnalité, avec Djaouidah Sehili, spécialiste de l’intersectionnalité, des processus de discriminations et des inégalités.

[VIDEO]
Découvrez notre capsule vidéo pour faire le point sur les fondamentaux de la générosité et du mécénat.

[PUBLICATION]
Découvrez notre rapport d’activité 2024.

[PUBLICATION]
Intersectionnalité, avec Djaouidah Sehili, spécialiste de l’intersectionnalité, des discriminations et des inégalités.

[VIDEO]
Découvrez notre capsule vidéo pour faire le point sur les fondamentaux de la générosité et du mécénat.

Retour en haut