LE SAVIEZ-VOUS ?
A l’échelle internationale, parmi les chercheurs, quel est le pourcentage de femmes ?
À l’échelle internationale, les femmes ne représentent que 35 % des personnes diplômées en sciences et à peine 31 % des chercheurs. Pourtant, 46 % des jeunes femmes poursuivent des études supérieures, contre 40 % des hommes, selon l’Unesco.
Dans les secteurs les plus stratégiques, l’écart se creuse davantage encore : les femmes ne constituent que 22 % des effectifs en intelligence artificielle et moins de 2 % des candidats dans le secteur quantique.
Ces déséquilibres ne sont pas anodins. À l’heure où la recherche scientifique, le numérique et l’intelligence artificielle pèsent de plus en plus lourd dans la souveraineté économique et démocratique des États, la question de la place des femmes dans les sciences dépasse largement l’enjeu de l’égalité professionnelle. Elle touche à la capacité même des sociétés à préparer leur avenir.
Aujourd’hui, 11 février, Journée internationale des femmes et des filles de science, de nombreux acteurs engagés pour la féminisation des métiers scientifiques et technologiques appellent à une prise de responsabilité collective. Leur constat est partagé : un pays qui confie la conception de son avenir scientifique à une minorité, se prive de leviers essentiels pour rester compétitif et indépendant. L’inégalité de genre dans les sciences n’est pas une fatalité, mais elle devient un risque si elle est acceptée comme telle.
Car les mécanismes à l’œuvre sont connus. Les stéréotypes de genre, l’autocensure et le manque de modèles féminins continuent de peser sur les trajectoires professionnelles, bien en amont de l’entrée dans l’entreprise. Certains programmes ou dispositifs à l’image d’Innov’Avenir, porté par Les entreprises pour la Cité, cherchent à lever ces freins, en intervenant dès le collège.
Cette action précoce apparaît d’autant plus cruciale que le décrochage est rapide. Selon un sondage Odoxa, seules 9 % des adolescentes envisagent une carrière scientifique, tandis que 57 % l’écartent d’emblée.
Un constat qui explique la multiplication d’initiatives complémentaires, notamment du côté des entreprises. Dassault Systèmes, par exemple, a lancé fin 2025 la web-application O’Gure, destinée à encourager les jeunes filles de 13 à 16 ans à explorer des carrières scientifiques à travers des outils ludiques et immersifs.
Mais tous les acteurs s’accordent sur un point : susciter des vocations est un travail de longue haleine. Il suppose d’agir simultanément sur l’école, l’orientation, les modèles proposés aux jeunes et l’entourage familial. Dès le collège, les échanges sur l’orientation et les carrières scientifiques restent encore largement genrés : lorsqu’il est question de sciences ou de technologie, les discussions s’adressent plus spontanément aux garçons, tandis que les filles se heurtent plus souvent que les garçons à des freins venant du cercle proche.
Il est également essentiel d’instaurer un « droit à l’erreur » : permettre aux jeunes femmes d’oser les filières scientifiques sans être enfermées dans une exigence de réussite immédiate. Car la féminisation des sciences ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, en levant les obstacles invisibles qui continuent de peser sur les choix d’orientation.
Ces actions ne produiront leurs effets que si elles s’inscrivent dans une continuité, notamment côté entreprise, dans les pratiques de recrutement, de management et d’évolution professionnelle.
À l’occasion de cette Journée internationale des femmes et des filles de science, une question s’impose donc au monde économique : comment transformer l’intention en action ?
Valoriser des parcours non linéaires, ouvrir davantage l’accès aux premières expériences scientifiques, sécuriser les trajectoires professionnelles et reconnaître la diversité des talents apparaissent comme des axes d’action essentiels.
Pour aller plus loin :” Métiers de femmes, métiers d’hommes : déconstruire les stéréotypes de genre “
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