Financer les associations : regardons aussi ce que leur fragilisation coûterait à la société.

Yann TANGUY, Délégué Général Les entreprises pour la Cité 

Le débat sur le financement des associations soulève une question légitime : comment l’argent est-il utilisé et pour quels résultats ? Pour y répondre, il faut regarder ce que ces financements rendent possible, chaque jour, dans nos territoires.

Les associations, ce sont 1,5 million de structures, près de 2 millions de salariés, et plus de 13 millions de bénévoles. 

Derrière un budget associatif, il y a une équipe qui accompagne un retour à l’emploi, un interlocuteur qui aide une famille à sortir de l’impasse, un lieu où se recrée du lien, une initiative qui ouvre des perspectives à des jeunes ou fait reculer les discriminations.

Dans un contexte de réduction des financements publics, les associations font la différence, apportent un soutien qui peut changer le cours d’une vie. Leur connaissance du terrain leur permet de toucher les personnes qui restent à l’écart des dispositifs existants, les aide à faire valoir leurs droits et les accompagne pour sortir de l’isolement ou retrouver un emploi.

Leur rôle va plus loin : elles travaillent avec les entreprises et les institutions pour faire reculer les discriminations et lever les obstacles qui ferment encore trop de portes.

Fragiliser cet accompagnement, c’est prendre le risque de laisser le chômage se prolonger, la précarité s’aggraver ou l’exclusion s’enraciner. Avec des conséquences humaines, mais aussi un coût pour la collectivité : davantage d’aides sociales, de chômage, de dépenses de santé et de prises en charge en urgence.

Une économie budgétaire immédiate peut ainsi devenir une dépense collective plus lourde demain.

La transparence des financements est indispensable. L’évaluation de leurs résultats l’est tout autant.

Mais pour obtenir des résultats, les associations ont besoin de financements stables : accompagner une personne vers l’emploi ou faire reculer les discriminations demande un travail sur le long terme, dont les effets ne sont pas toujours immédiats.

Les entreprises mécènes ont un rôle clé pour la réalisation des actions des associations, en mobilisant également les compétences de leurs collaborateurs et collaboratrices et en s’engageant sur plusieurs années. Ce soutien permet aux associations de mieux planifier leurs activités et d’assurer la continuité de l’accompagnement des personnes.

Soutenir les associations, c’est investir dans notre capacité collective à prévenir les ruptures, à réduire les inégalités et à ouvrir des perspectives. Mais c’est aussi, pour des millions de personnes, pouvoir être accompagnées dans leur différence, ou lorsque tout se complique, être écoutées sans être jugées et trouver un soutien pour avancer. Derrière chaque financement, il y a des destins individuels et cette possibilité essentielle : ne pas rester seul face à ses difficultés.

Yann Tanguy

Les entreprises pour la cité : un réseau pionnier

Depuis plus de 30 ans, notre association mobilise et inspire les entreprises en matière d’innovation sociale (diversité, inclusion, égalité des chances, mécénat et engagements citoyens). Nos équipes animent la réflexion et accompagnent un collectif d’entreprises engagées en faveur de l’intérêt général, par le partage et la co-construction. 

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