LE SAVIEZ-VOUS ?
Quel est le pourcentage de personnes ayant modifié leur apparence physique pour favoriser leur carrière ?
74 % de personnes déclarent avoir déjà modifié leur apparence pour favoriser leur carrière, selon la dernière enquête menée par Les entreprises pour la Cité au printemps 2026. ( Les résultats complets seront dévoilés le 22 octobre prochain).
Avant même que nos compétences ou notre parcours soient évalués, notre apparence peut influencer la manière dont nous sommes perçus dans le monde professionnel. Tenue vestimentaire, coiffure, poids, silhouette, tatouages, piercings ou signes religieux : autant de caractéristiques susceptibles d’activer, souvent inconsciemment, des normes et des préjugés.
Même en l’absence de règles formelles, de nombreuses personnes ajustent leur tenue, leur coiffure, leur maquillage ou leur pilosité afin de paraître plus crédibles, compétentes ou légitimes. Une autocensure qui peut entraîner une perte d’authenticité et constituer une charge mentale supplémentaire.
Depuis 2001, l’apparence physique figure pourtant parmi les critères de discrimination interdits par la loi française. Elle demeure néanmoins encore peu prise en compte dans les politiques de diversité et d’inclusion des organisations.
Plusieurs événements récents ont replacé cette question au cœur de l’actualité. En mai 2026, le Défenseur des droits a notamment reconnu comme discriminatoire le refus d’une mission à une hôtesse d’accueil qui ne pouvait se conformer à l’exigence d’un brushing lisse, incompatible avec la nature de ses cheveux. Cette décision rappelle qu’une exigence esthétique ne peut être imposée lorsqu’elle ne répond pas à une nécessité professionnelle essentielle et proportionnée.
Le poids fait également l’objet d’une attention croissante. La grossophobie demeure difficile à identifier et à faire reconnaître, alors même qu’elle peut affecter le recrutement, l’accès aux responsabilités ou les relations de travail. Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale vise d’ailleurs à la reconnaître explicitement comme une discrimination.
Les femmes sont particulièrement concernées. Elles rapportent davantage de remarques sur leurs vêtements, leur coiffure, leur âge, leur poids ou leur silhouette. Elles sont aussi confrontées à une double injonction : être suffisamment féminines pour répondre aux attentes, sans paraître trop visibles ou séduisantes. Les cheveux blancs, notamment, restent plus sévèrement jugés chez les femmes, alors qu’ils peuvent être associés à l’expérience ou à la maturité chez les hommes.
Les personnes en contact avec la clientèle apparaissent, elles aussi, davantage exposées. Au nom de « l’image de l’entreprise », certaines caractéristiques physiques ou vestimentaires peuvent faire l’objet d’une surveillance accrue.
Les jugements liés à l’apparence ne se limitent cependant pas aux remarques ou aux plaisanteries. Ils peuvent également influencer la manière dont les compétences sont évaluées et les opportunités professionnelles attribuées.
L’apparence physique peut constituer à la fois une ressource et une contrainte dans les parcours professionnels. Certains attributs esthétiques semblent favoriser l’accès à des opportunités : c’est ce que l’on appelle parfois le « privilège de la beauté ». Mais cet avantage apparent peut aussi fragiliser la légitimité professionnelle, notamment lorsqu’une femme voit sa réussite attribuée à son physique plutôt qu’à ses compétences.
L’apparence ne détermine pas mécaniquement le recrutement ou la carrière. Elle modifie toutefois les conditions dans lesquelles les compétences sont perçues, reconnues et récompensées. Une influence d’autant plus difficile à mesurer qu’elle opère souvent à bas bruit, au fil des interactions professionnelles : une remarque formulée comme un conseil, une plaisanterie, un regard ou encore une appréciation subjective sur la « prestance » ou « l’image ».
Jusqu’où ces normes influencent-elles les comportements et les parcours professionnels ? Certaines personnes se sentent-elles davantage contraintes que d’autres ? Et comment les entreprises peuvent-elles agir ?
C’est pour mieux comprendre ces mécanismes, que notre association Les entreprises pour la Cité a mené, entre mars et juin 2026, une grande enquête nationale auprès de près de 1 300 personnes en emploi, enrichie de plus de 600 témoignages.
Découvrez l’ensemble des résultats de l’enquête le 22 octobre 2026, à l’occasion de l’événement « Le poids du regard : apparence physique et discriminations au travail ».
Rendez-vous le 22 octobre, de 9 h à 10 h.
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