LE SAVIEZ-VOUS ?
Combien coûte en moyenne l’absentéisme par salarié et par an en France ?
4 000 euros. C’est le coût moyen de l’absentéisme par salarié et par an en France, selon la 18e édition du Baromètre de l’Absentéisme et de l’Engagement d’Ayming publiée récemment. À l’échelle nationale, la facture dépasse désormais les 100 milliards d’euros, un montant qui pèse sur la performance des entreprises comme sur l’économie dans son ensemble.
Près d’un salarié du privé sur trois a été arrêté au moins une fois en 2025 dévoile de son côté, Malakoff Humanis dans son étude annuelle sur l’absentéisme dans le secteur privé. Le taux d’absentéisme s’établit ainsi à 4,3 % (c’est à dire 4,3 jours d’absence sur 100 jours calendaires), soit une hausse de 25,5 % par rapport à 2019.
Une progression principalement portée par l’allongement de la durée moyenne des arrêts, passés en un an de 23,1 à 23,7 jours.
Les causes de l’absentéisme changent. Les arrêts liés aux « maladies ordinaires » reculent, tandis que les situations d’épuisement professionnel progressent fortement. Le burn-out représente désormais près d’une cause d’absence sur deux citées par les répondants.
Pour les spécialistes, la montée du burn-out reflète une intensification des sollicitations auxquelles sont confrontés les salariés. Dans un environnement marqué par l’hyperconnexion et une charge mentale accrue, les temps de récupération se réduisent. Cette tendance apparaît plus fortement dans les grandes entreprises, où les cas d’épuisement professionnel sont davantage signalés.
L’impact économique de l’absentéisme ne se limite pas aux seuls jours non travaillés. Les experts identifient trois moments clés qui alourdissent la facture pour les entreprises. Avant l’arrêt, le présentéisme : le salarié est physiquement présent mais sa concentration, son engagement ou sa productivité sont déjà affectés. Pendant l’absence, les équipes doivent absorber la charge de travail, réorganiser les priorités et faire face à une désorganisation parfois durable. Après le retour, enfin, le risque de rechute demeure élevé si les causes de l’absence n’ont pas été traitées ou si les conditions de travail restent inchangées.
Les entreprises n’ont jamais autant mesuré l’absentéisme. Plus de 94 % disposent désormais d’indicateurs de suivi, 63 % évaluent les coûts associés et près de 70 % mesurent le retour sur investissement de leurs actions de prévention. Pourtant, cette montée en compétences peine encore à se traduire par des changements concrets dans les organisations.
Le défi n’est plus tant de comprendre le phénomène que d’agir sur ses causes. Les responsables RH citent toujours les mêmes freins : le manque de ressources, le manque de temps et la difficulté à mobiliser les leviers nécessaires pour prévenir les absences.
Le désengagement progresse au sein même des fonctions RH. La part des professionnels se déclarant désengagés a presque doublé en un an, passant de 3 % à 5,9 %. Un constat qui rappelle que ceux qui portent les politiques de prévention ne sont pas eux-mêmes à l’abri de l’épuisement.
Les maladies professionnelles déclarées ont progressé de 34 % entre 2023 et 2024. Les risques psychosociaux représentent désormais 11 % des cas recensés, confirmant que la santé mentale s’impose comme un enjeu majeur pour les organisations.
Les accidents du travail ne surviennent pas au hasard. L’étude révèle des pics récurrents à certaines périodes de l’année : mars et juin apparaissent comme les mois les plus à risque, suivis d’octobre, septembre, janvier et novembre. Une donnée précieuse pour les entreprises, qui peuvent ainsi mieux anticiper les risques et adapter leurs actions de prévention.
L’absentéisme apparaît aujourd’hui comme un phénomène mieux compris et mieux mesuré. Une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives d’action pour les entreprises, à condition de dépasser le simple constat statistique.
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