LE SAVIEZ-VOUS ?

Quel est le pourcentage de managers déclarant être confrontés au fait religieux au travail en 2026?

Selon le Baromètre du fait religieux en entreprise 2026 de l’Institut Montaigne, 79 % des managers interrogés déclarent repérer des faits religieux dans leur environnement de travail, régulièrement ou occasionnellement. Un niveau inédit depuis la création du baromètre en 2013. Ils étaient 71,3 % en 2024 et 66,7 % en 2022.

Cette progression ne signifie pas que les entreprises seraient massivement désorganisées par le fait religieux. L’étude invite au contraire à distinguer les situations. Dans la majorité des cas, les faits observés relèvent de pratiques peu perturbatrices : port visible d’un signe religieux, demandes d’absence ou d’aménagement du temps de travail, prière pendant les temps de pause. Le port de signes religieux est d’ailleurs devenu le premier fait religieux observé en entreprise, cité par 50 % des répondants en 2026, contre 34 % en 2024 et 21 % en 2022.

Mais cette visibilité croissante transforme le quotidien des collectifs de travail. Le sujet n’est plus marginal : il devient un enjeu concret de management. En 2026, 55 % des situations marquées par un fait religieux nécessitent une intervention managériale. Et lorsque les managers interviennent, un quart des situations donne lieu à des tensions ou à des conflits, contre seulement 6 % en 2013.

L’objectif pour les entreprises n’est donc pas d’effacer le fait religieux du monde du travail, mais de savoir poser un cadre clair. Car toutes les situations ne se valent pas. Une demande d’absence pour une fête religieuse, le port d’un signe religieux ou l’utilisation d’un temps de pause pour prier ne soulèvent pas les mêmes questions qu’un refus de réaliser une tâche, un comportement prosélyte ou un refus de travailler avec une femme.

Le baromètre met également en lumière une autre évolution préoccupante : la hausse des situations de stigmatisation et de discrimination liées à la religion. 37 % des répondants déclarent en observer, contre 32 % en 2024 et 19 % en 2019. Cette progression rappelle que la gestion du fait religieux ne peut pas être pensée uniquement sous l’angle des tensions ou des limites à poser. Elle doit aussi intégrer la prévention des discriminations et le respect de la liberté de conviction.

Or les entreprises restent encore insuffisamment outillées. Seules 25 % des entreprises concernées disposent d’au moins un dispositif de gestion du fait religieux et ont mis en place des formations spécifiques. Moins de la moitié des répondants déclarent bien connaître le droit applicable ou la politique de leur entreprise sur ces questions.

Le fait religieux apparaît comme un sujet à traiter avec méthode, ni dans le déni, ni dans la crispation. Il appelle un cadre lisible, partagé et connu de tous, permettant de concilier liberté individuelle, égalité de traitement et bon fonctionnement du collectif de travail.

Baromètre du fait religieux en entreprise 2026 – Institut Montaigne – Juillet 2026

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