Journalisme sportif : les femmes toujours hors-jeu ?

À l’heure où la Coupe du monde de football mobilise des centaines de journalistes venus du monde entier, la place des femmes dans les rédactions sportives demeure largement minoritaire. Malgré quelques avancées, les inégalités persistent, notamment lorsqu’il s’agit de couvrir les plus grands événements internationaux.

Sur les quelque 150 journalistes français accrédités pour suivre la  Coupe du monde de football organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada, seules dix sont des femmes. Un chiffre qui illustre une réalité plus profonde : selon une étude menée par l’association Femmes journalistes de sport et l’enseignante-chercheuse Sandy Montañola, les femmes ne représentent aujourd’hui que 17 % des journalistes sportifs. 

Cette faible représentation ne concerne pas uniquement les envoyées spéciales. Elle se retrouve dans l’ensemble des rédactions sportives françaises où les femmes occupent 17 % des postes, contre 15 % en 2022. Si la progression est réelle, elle reste modeste au regard de la féminisation observée dans l’ensemble de la profession journalistique.

Une féminisation qui progresse lentement

Les résultats publiés en juin 2026 montrent par ailleurs que plus d’un quart des rédactions sportives ne comptent toujours aucune femme dans leurs effectifs. Lorsqu’elles sont recrutées, elles occupent plus fréquemment des postes précaires ou à temps partiel, tandis que leur accès aux fonctions de direction demeure limité.

Les grandes compétitions constituent, par ailleurs, un véritable accélérateur de carrière. Être accrédité pour une Coupe du monde ou des Jeux olympiques permet d’acquérir une visibilité et une légitimité reconnues dans la profession. Or ces opportunités continuent d’être majoritairement attribuées aux hommes, alimentant un plafond de verre qui peine à se résorber.

Qui raconte le sport ?

Au-delà de l’égalité professionnelle, cette situation interroge la diversité des regards portés sur le sport.

Qui raconte les compétitions ? Qui choisit les sujets ? Qui met en lumière certaines disciplines, certains parcours ou certaines histoires ?

La pluralité des profils contribue à enrichir le traitement éditorial, à diversifier les angles d’analyse et à mieux refléter la diversité du monde sportif. À l’inverse, une représentation homogène peut conduire, parfois malgré elle, à reproduire les mêmes récits et les mêmes références.

Un miroir des métiers historiquement masculins

Les difficultés rencontrées dans le journalisme sportif ne sont pas propres aux médias. Elles font écho à celles observées dans de nombreux secteurs où les femmes demeurent sous-représentées : industrie, numérique, ingénierie, transport, énergie, logistique ou encore bâtiment.

Les mécanismes sont souvent similaires : stéréotypes persistants, faible visibilité des rôles modèles, accès plus limité à certains réseaux professionnels ou aux postes de décision. Autant de freins qui influencent les choix d’orientation comme les trajectoires professionnelles.

La faible présence de femmes parmi les journalistes accrédités pour les plus grandes compétitions internationales illustre également l’importance de la visibilité. Car il est plus difficile de se projeter dans un métier lorsque celles qui l’exercent restent peu visibles.

Cette réalité dépasse largement le monde du sport. Voir des femmes commenter une finale de Coupe du monde, piloter une rédaction sportive ou couvrir les plus grands événements contribue à ouvrir le champ des possibles pour les nouvelles générations. La même logique vaut dans les métiers de l’industrie, du numérique ou de l’ingénierie, où la présence de modèles féminins demeure un puissant levier d’attractivité.

À l’heure où les entreprises cherchent à diversifier leurs recrutements et à répondre aux tensions de nombreux métiers, la mixité ne relève plus uniquement d’un enjeu d’égalité. Elle constitue également un levier de performance, d’innovation et d’attractivité. Le journalisme sportif en offre aujourd’hui une illustration particulièrement visible.

Les entreprises pour la cité : un réseau pionnier

Depuis plus de 30 ans, notre association mobilise et inspire les entreprises en matière d’innovation sociale (diversité, inclusion, égalité des chances, mécénat et engagements citoyens). Nos équipes animent la réflexion et accompagnent un collectif d’entreprises engagées en faveur de l’intérêt général, par le partage et la co-construction. 

Retour en haut