Si les entreprises ont progressivement intégré les enjeux de parité, elles continuent souvent de penser les carrières féminines sans prendre en compte l’âge. Or, après 45 ou 50 ans, les femmes peuvent cumuler deux formes de discrimination : le sexisme, déjà documenté, et l’âgisme, plus rarement nommé.
Ce phénomène se traduit par une moindre visibilité dans les organisations, un accès plus limité aux promotions, aux postes stratégiques ou aux formations. Les femmes seniors ne disparaissent pas des entreprises, mais elles peuvent être progressivement écartées des trajectoires de pouvoir et d’évolution.
Pour les entreprises, cette situation n’est pas seulement un sujet de diversité. Elle touche directement à la gestion des compétences. Dans un marché du travail marqué par les tensions de recrutement, écarter trop tôt des profils expérimentés revient à réduire artificiellement le vivier de talents.
Les femmes seniors disposent souvent d’atouts recherchés : connaissance des métiers, stabilité, sens de l’organisation, capacité de transmission, recul managérial. Pourtant, ces qualités sont fréquemment neutralisées par des représentations négatives : moindre adaptabilité, supposée difficulté à se former, distance aux outils numériques ou coût salarial anticipé.
Ce paradoxe est d’autant plus fort que les études recensées ne permettent pas d’établir une baisse moyenne de la productivité avec l’âge. Au contraire, plusieurs études suggèrent qu’elle reste stable.
Autrement dit, une partie des décisions de recrutement repose moins sur les performances réelles que sur des stéréotypes.