Retour sur… Convergences 2019 : le cas pratique de la Fédération Nationale des Caisses d’Épargne

Pour l’édition 2019 de Convergences, Simon Bitaudeau, Responsable Mécénat & Investissements citoyens de LEPC, animait la session « Coopérations territoriales au service des innovations sociales ». Sylvain Maschino, Chargé Engagement sociétal au sein de la Fédération Nationale des Caisses d’Épargne, revient pour nous sur les initiatives abordées lors de cette table-ronde.
Retour sur… Convergences 2019 :  le cas pratique de la Fédération Nationale des Caisses d’Épargne

Pourquoi les Caisses d’Épargne ont-elles décidé d’accompagner les innovations territoriales en particulier ?

Il convient tout d’abord de rappeler que l’innovation sociale est au cœur du modèle des Caisses d’Epargne puisque fondées, il y a plus de deux cents ans, pour répondre à un enjeu de pauvreté sur les territoires par un outil d’éducation financière et citoyenne : le livret d’épargne. Fortes de cet héritage, nous sommes toujours engagées, à promouvoir et soutenir l’innovation sociale en territoire et ce à double titre. En tant que mécène, puisque nous sommes l’une des premières entreprises mécènes en France avec près de 30 millions d’euros destinés chaque année au soutien de plus de 1 100 projets locaux. Pour nous, le mécénat peut vraiment agir comme un défricheur, un amorceur de projets à potentiels d’innovation, qui permet d’expérimenter sur les territoires, là ou parfois même les collectivités territoriales ne peuvent pas.  
Au-delà du mécénat, nous sommes également engagées en tant qu’acteur bancaire, 1er financeur des acteurs de l’ESS, à qui nous proposons une offre de produits et services spécifiques, avec 150 conseillers dédiés à cette clientèle. Notre présence, notre engagement au cœur des territoires nous a ainsi permis d’être en prises avec les besoins de ces initiatives entrepreneuriales socialement innovantes. Ces dernières ont des besoins d’accompagnement similaires à toute structure innovante si ce n’est qu’ils rencontrent des freins supplémentaires liés à la spécification de leur innovation qui reste peu ou mal connue. En effet, l’innovation sociale se caractérise par une prise de risque forte avec un retour sur investissement qui est d’abord social, les résultats financiers sont donc plus limités et moins rapides que dans l’innovation technologique par exemple. Les aides financières classiques ne leur sont donc pas facilement accessibles. C’est pourquoi il nous a paru naturel de venir également en soutien aux acteurs qui se sont structurés et professionnalisés dans les territoires pour venir apporter cet accompagnement spécifique.

Pourriez-vous nous raconter l’un de ces partenariats locaux ?

Bien sûr le partenariat qui me vient bien évidemment à l’esprit est celui que la fondation de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes a noué avec Ronalpia, structure d’accompagnement qui sélectionne et accompagne des entrepreneurs sociaux en proposant des programmes d’incubation et d’essaimage. 
La Caisse d’Epargne Rhône-Alpes a vraiment été leur premier financeur, leur a permis de mettre le pied à l’étrier, il y a maintenant plus de 7 ans. Et c’est grâce à la Caisse d’Epargne, qui a servi de tiers de confiance, que Ronalpia a ensuite été soutenue par d’autres acteurs du territoire. Ce partenariat va au-delà d’un soutien financier, la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes peut également apporter des compétences, en intervenant auprès des entrepreneurs sociaux incubés à la préparation de leur premier RDV bancaire. Également, si un projet en phase d’amorçage a besoin d’un financement, la Fondation Caisse d’Epargne Rhône-Alpes peut intervenir pour apporter un financement. Ce partenariat illustre la volonté des Caisses d’Epargne de co-construire avec les acteurs du territoire un réel parcours pour ces porteurs de projet innovants. 

Quels conseils pourriez-vous donner aux entreprises qui souhaitent s’investir sur leur territoire ?

D’abord je leur dirais de partir des besoins de leur territoire, en effectuant des diagnostics ou en s’informant. Des associations comme Le Rameau par exemple ont produit des cartographies par fragilité territoriale, par thématique. 
Second niveau, il faut bien évidemment co-construire, faire avec les acteurs du territoire. C’est la raison pour laquelle le mécénat collectif prend son envol actuellement. L’objectif y est d’agir sur tous les besoins sociaux d’un territoire en rassemblant l’ensemble des acteurs. Ces structures se placent ainsi comme des catalyseurs pouvant à la fois qualifier les besoins et rassembler les acteurs d’un territoire. Ainsi, la Caisse d’Epargne Grande Est Europe par exemple est membre du fonds Metz Mécènes Solidaires.
Troisième brique, je dirais qu’il faut penser, dès le début, un système d’évaluation et d’impact. Il s’agit en effet de mieux cerner la pertinence du projet sur le long terme et de s’assurer de la corrélation entre le projet et les besoins du territoire.