Le sexisme en entreprise : la stratégie RH de Keolis Bordeaux Métropole

par Claire CAZEILLES-LAURENT, Direction des ressources humaines, Responsable des relations sociales, en charge de l’égalité professionnelle et de la diversité
Kakemono Keolis_campagne sur le sexisme en entreprise

Pouvez-vous nous présenter Keolis Bordeaux Métropole et ses salariés ?

Keolis, acteur de la mobilité, exploite pour le compte de Bordeaux Métropole, le réseau de transport en commun TBM. L’effectif reste majoritairement masculin même si la mixité progresse au sein de l’entreprise (la part des femmes étant passée de 12% à 20% en 10 ans).  

Quelle politique menez-vous en faveur de l’égalité professionnelle ?

Le groupe Keolis a souhaité développer une politique d’égalité professionnelle qui repose sur 4 engagements :

- Atteindre la mixité des effectifs dans toutes les filières métiers (répartition égale ou supérieur à 30% - 70%)

- Garantir un meilleur accès des femmes aux postes à responsabilités

- Appliquer le principe de l’égalité salariale « à travail égal, salaire égal »

- Sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux enjeux de l’égalité professionnelle et de la diversité, au fonctionnement des stéréotypes et au contexte légal de non-discrimination

Le nombre de recrutements annuel étant important, le développement de la place des femmes est un enjeu RH. Afin de faire évoluer les stéréotypes dans les métiers de la conduite traditionnellement masculins où le rôle des représentations est fort, notamment dans la filière de la maintenance,  nous avons développé des actions de sensibilisation comme les « Girl’s Day »  en partenariat avec la SNCF, centrés sur la découverte des métiers techniques.

Le sexisme est au cœur de l’actualité. Comment l’abordez-vous dans l’entreprise ?

L’entreprise a plus de 2500 salariés,  ce qui est un petit échantillon de la société. Il est donc naturel que le sexisme, phénomène de société, s’exprime également dans l’entreprise.
Nous exerçons une activité de service en contact avec une clientèle diverse et il arrive que nos salarié.e.s soient victimes de manifestations sexistes dans l’exercice de leur activité professionnelle. Ce sont les manifestations du sexisme à l’égard des femmes qui sont les plus fréquemment mises en lumière mais elles ne doivent pas cacher celles qui existent, même si on en parle moins, à l’égard des hommes.
Keolis Bordeaux Métropole, est très sensible à la question du sexisme comme à l’égard de toutes celles qui ont trait à l’égalité professionnelle et à la diversité. Ce sont des démarches dans lesquelles nous sommes impliqués car nous sommes convaincus qu’elles sont porteuses de meilleures relations, d’innovation et donc de performance pour l’entreprise et de bien-être pour les salariés.
C’est la raison pour laquelle Keolis Bordeaux Métropole a signé la Charte de la diversité en 2010.
Les actions de Keolis Bordeaux Métropole ont été récompensées par l’attribution du label égalité, obtenu aux côtés de 6 autres filiales du groupe en octobre 2017.

Quelles actions avez-vous mises en œuvre pour y remédier ?

C’est dans le cadre du dernier engagement de notre politique égalité professionnelle « Sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux enjeux de l’égalité professionnelle et de la diversité, au fonctionnement des stéréotypes et au contexte légal de non-discrimination » que s’inscrivent nos actions en matière de sexisme, qui est une manifestation négative des stéréotypes de genre.

Nous organisons chaque année une semaine de la mixité, pendant laquelle nous allons à la rencontre des salariés sur les différents lieux d’activité pour dialoguer autour des questions d’égalité professionnelle, les informer des actions menées par l’entreprise.
Tout au long de l’année, nous utilisons différents supports de sensibilisation : affiches, vidéo, quizz, afin de toucher l’ensemble des collaborateurs, l’outil informatique n’étant pas utilisé par tous dans le cadre professionnel.
La dernière action que nous avons menée : la participation à l’enquête lancée par le réseau Les entreprises pour la Cité sur « la perception du sexisme en entreprise » administrée sur l’ensemble de l’entreprise.

 

Répondre à cette enquête c’était déjà une forme de sensibilisation

 

Répondre à cette enquête c’était déjà une forme de sensibilisation car tout au long des questions, les salariés étaient invités à s’interroger sur :

  • ce qu’est le sexisme (de ses manifestations les plus extrêmes au « sexisme ordinaire »),
  • comment il se manifeste en entreprise (quand on m’appelle « ma belle » au travail, est-ce que c’est sexiste ? plus de 50% des répondants considèrent que c’est inapproprié voire désobligeant),
  • ce qu’il produit comme effets (3% seulement des répondants considèrent que cela n’a aucun effet sur l’ambiance des équipes, la santé au travail, la motivation, la performance…donc 97% estiment au contraire que le sexisme produit des effets néfastes): une manière de se positionner mais aussi de s’interroger sur ses propres pratiques.


Nous avons ensuite souhaité partager les résultats avec les salarié·e·s et avons fait appel à l’équipe des Entreprises pour la Cité qui a animé trois sessions de sensibilisation autour d’un moment convivial, ce qui a permis aux salarié·e·s d’échanger sur leurs expériences.

Nous continuerons à communiquer en interne sur les différents résultats de l’étude puisque le principal est que 70% des salarié·e·s répondants considèrent que c’est un sujet social et sociétal sur lequel il faut agir.